29 janvier 1725 : mariage entre cousins…

En ce début d’année 1725, malgré le froid, on se presse à la porte de l’hôtel parisien de la famille de la Trémoïlle. Carrosses armoriés et équipages encombrent le faubourg Saint Germain et les plus grands noms de l’aristocratie accèdent à la demeure du duc de Thouars par le portail monumental donnant sur la rue Saint Dominique. Comme leurs aïeux Marie de la Tour et Henri III de la Trémoïlle un siècle plus tôt, le jeune Charles Armand, âgé de 17 ans, épouse sa cousine, Marie Hortense de la Tour d’Auvergne, de quatre ans son aînée.

Les deux jeunes gens échangent leurs consentements le 29 janvier 1725. Un seul enfant naitra de cette union, dix ans plus tard, et Charles Armand, reconnu pour ses talents dans les belles lettres, intègrera l’Académie française pour ses livres et poèmes.

Toutefois, si les deux époux se respectent et s’estiment, on est loin d’une véritable histoire d’amour. Charles Armand, premier gentilhomme de la Chambre du roi et célèbre pour son physique avenant, passe pour avoir un goût certain pour les hommes, comme le confirme Voltaire dans une lettre à la marquise de Bernières en 1724. Quant à Marie Hortense, elle se console dans les bras de multiples aristocrates dont Jean Baptiste de Sade, le père du futur marquis libertin qui, semble-t-il, n’avait rien à envier à son fils.

Laissons la parole à Alexandre Dumas qui, dans son livre sur Louis XV évoque Charles Armand et Marie Hortense et écrit :

« … le beau Duc s’était marié et adorait sa femme. Ils s’étaient mutuellement promis de se séparer momentanément si l’un ou l’autre était atteint de la petite vérole …/… Madame de la Trémoille en fut atteinte ; mais, comme elle ignorait la maladie dont elle souffrait, elle n’en prévint pas son mari, qui, quoique avisé par le médecin du danger qu’il courrait, voulut rester près d’elle et continuer de la servir ».

Tous deux meurent à quelques mois d’intervalle en 1741.