4 juin 1491, la « Gabrielle » quitte le port des Sables d’Olonne

Nous sommes au XVème siècle. A fil des décennies, les La Trémoïlle ont acquis un pouvoir considérable. Par leur bravoure sur les champs de bataille et le jeu des alliances familiales, les vicomtes de Thouars côtoient les rois de France. Leurs possessions sont immenses et s’étendent jusqu’à la mer, c’est ainsi que port des Sables d’Olonne leur appartient et que leurs bateaux y sont amarrés.

Le 4 juin 1491 est jour de liesse sur le port des Sables. « La Gabrielle » l’un des fleurons de la flotte vicomtale prend la mer. Avec plus de 130 hommes d’équipage, cette nef imposante porte le nom de l’épouse du vicomte de Thouars, Louis II de la Trémoïlle, Gabrielle de Bourbon, elle-même cousine du roi. Alors que son époux guerroie aux côtés de Charles VIII, c’est elle qui gère les affaires de la vicomté. 

Si l’Histoire se souvient de Gabrielle de Bourbon pour sa générosité envers les plus pauvres et sa piété, on lui doit notamment la construction de la collégiale du château de Thouars, elle fut aussi une femme de tête avisée, redoutable en affaires.

Sous prétexte de commercer et de protéger les côtes du royaume de France, le rôle des bateaux, même ceux appartenant à l’aristocratie, est bien de faire du profit et « La Gabrielle » peut légitimement être considéré comme un bateau corsaire.

Au retour de cette course entamée en juin 1491 et qui dura près de quatre mois, le capitaine du navire, Etienne de Chiros, revint sans rien dans les cales de son bateau alors qu’il avait longé les côtes de l’Espagne et du Portugal et transité par plusieurs ports. Selon lui, son bateau aurait été attaqué et la marchandise volée.

Finalement, après l’enquête diligentée par Gabrielle de Bourbon et menée par Jean de Salignac, seigneur de Talmont, on découvrira que le capitaine avait cherché à garder pour lui une partie du butin et que l’équipage s’était partagé le reste. Toutefois, la vicomtesse de Thouars et son capitaine durent trouver un arrangement puisqu’il n’y eut pas de procès. Et après réparation, la Gabrielle repartira sur les flots avec toujours Chiros à la barre.

Visuel©illustration extraite du récit de Gabrielle de Bourbon « Voyage spirituel entrepris par âme dévote pour parvenir à la Cité du Bon repos » Bibliothèque Mazarine

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com