23 juin 1886 : le duc de Thouars accompagne le comte de Paris sur la route de l’exil

Né en 1838, petit-fils du roi Louis-Philippe, Philippe d’Orléans n’a que dix ans quand la Monarchie de juillet est renversée. Avec sa famille, il vit en Angleterre, en Belgique puis rejoint les Etats-Unis. S’enthousiasmant pour la cause anti-esclavagiste, il rejoint les armées fédérales.

De retour en France en 1871, après la chute de Second empire, Philippe d’Orléans s’implique dans la vie politique. Face à une nouvelle république balbutiante, et jouissant d’une réelle popularité, celui qui est titré comte de Paris peut sereinement envisager un retour à la monarchie souhaité par une grande partie de la population.

Le gouvernement républicain de Jules Ferry s’affole. Dès 1883, l’accès à l’armée française est interdite aux membres de la famille d’Orléans et, en 1886, la loi d’exil est votée. Le 23 juin 1886, accompagné de son épouse et de ses enfants, le comte de Paris quittent la France et embarquent à nouveau pour l’Angleterre. Cette loi d’exil interdira l’accès du territoire français à la famille d’Orléans jusqu’en 1950.

Lors de son départ, le 23 juin 1886, une foule de plus de 12 000 personnes accompagne le Comte de Paris jusqu’au Tréport d’où il s’embarque pour l’Angleterre. Dans la voiture qui emmène le prince ont pris place deux de ses plus fidèles amis, le marquis de Breteuil et Louis Charles de la Trémoïlle, duc de Thouars. Celui-ci se propose même d’accompagner le Comte de Paris en exil, ce que ce dernier refuse. Dès lors, le duc de la Trémoïlle comprend que le retour de la couronne ne fut qu’une illusion. Désormais, il se consacrera à la préservation des archives de sa famille, transférées au château de Serrant, en Anjou, et rachète la chapelle du château de Thouars, confisquée lors de la Révolution.

Visuel : le départ du comte de Paris au Tréport ©coll.privée

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