3 octobre 1569 : la bataille de Moncontour

1569, les Guerres de religion ensanglantent la France depuis plusieurs années. Charles IX règne mais sa mère, Catherine de Médicis, n’est jamais loin. Même si l’édit de 1562 autorise le culte protestant, dans les faits, les huguenots sont pourchassés. Catholiques et protestants ne peuvent s’entendre et toutes les strates de la population sont concernées. Depuis les batailles succèdent aux batailles. Durant l’été 1569, l’amiral de Coligny, après la défaite de Jarnac, a mis le siège devant Poitiers.

Après sept semaines, près de prendre la ville, il doit lever le siège devant l’avancée de l’armée royale. Les troupes protestantes se déplacent dans la plaine de Moncontour.

Vous qui connaissez cette campagne aujourd’hui paisible, imaginez près de 30 000 hommes et 20 000 chevaux répartis entre les deux camps et près à en découdre.

Le 3 octobre, les forces catholiques du roi Charles IX, sous le commandement du duc d’Anjou, choisissent d’affronter les troupes huguenotes, commandées par l’amiral Gaspard de Coligny. L’assaut est de brève durée mais particulièrement sanglant. Une balle traverse la joue de Coligny, le cheval du duc d’Anjou est tué sous lui.

Déjà affaiblie par les défaites précédentes et la trahison de mercenaires passés au service de l’armée royale, les protestants sont battus et les catholiques triomphent, avec l’aide des troupes envoyées par le roi d’Espagne.

Du côté des protestants, on dénombre entre 6 000 et 10 000 morts et prisonniers ; quant aux catholiques, leurs pertes n’excédèrent pas les 600 hommes.

Après sa victoire, Le Duc d’Anjou, frère du roi, s’installe à Saint-Généroux. C’est là qu’il assemble son conseil. Décision est prise de ne pas poursuivre les protestants qui fuient déjà vers St Jean d’Angely. Le Duc est logé chez le sieur Buor à Thiors. Cette victoire retentissante va encore accroître la notoriété du duc d’Anjou, futur Henri III, et l’admiration de sa mère Catherine de Médicis, au grand dam de son frère Charles. La rivalité grandissante entre les deux frères aura de graves conséquences. Il faudra attendre l’Edit de Nantes promulgué par Henri IV en 1598 pour que les tensions entre catholiques et protestants s’estompent quelque peu.

Quant à la plaine de Moncontour, elle gardera longtemps les stigmates de cette bataille funeste.

WP2Social Auto Publish Powered By : XYZScripts.com