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09 janvier 1517

Dans la garde-robe de Louis II de la Trémoïlle

Né en 1460, Louis II de la Trémoïlle, vicomte de Thouars, fut un grand prince. Tel Bayard, on le surnomma « le chevalier sans reproche » pour sa bravoure sur les champs de bataille. Affilié à la famille royale, il a l’amitié des souverains successifs, Charles VIII, Louis XII et François Ier à qui il témoigne sa fidélité à plusieurs reprises.

Cette position sur l’échiquier politique et social de son temps impose à Louis II de la Trémoïlle de vivre avec un certain faste, aussi bien lors de ses séjours parisiens qu’en son château de Thouars ou lors des déplacements royaux.

Ses voyages en Italie lui ouvrent de nouvelles perspectives architecturales qu’il partage avec son épouse Gabrielle de Bourbon, notamment par la construction de la chapelle du château de Thouars. Nul doute que ses rencontres avec de riches nobles italiens l’auront aussi incité à faire évoluer son train de vie. Un courrier de Louis de la Trémoïlle, daté du 9 janvier 1517, stipule que le vicomte demande qu’on lui fasse parvenir à Paris, depuis son château de Thouars, plusieurs pièces de sa garde-robe.

Veuf depuis quelques mois, le vicomte de Thouars passe alors une partie de l’année à la cour et prépare son remariage avec  Louis de Valentinois au printemps suivant. Cette missive est très précise sur les tenues demandées. Comme le relate l’historien Laurent Vissière dans son ouvrage consacré à Louis II de la Trémoïlle, sont mentionnés « douze robes et dix-huit pourpoints, tous faits de riches tissus (satin velours, taffetas, camelot et toile d’or et d’argent), un pourpoint de satin blanc, chamarré de drap d’or et doublé de taffetas noir, un pourpoint de satin cramoisi bordé de drap d’or, une robe de satin gris doublée de satin violet, une robe de damas gris à carreaux, fourrée de martre, une robe de velours violet avec six boutons d’or aux manches, une robe de toile d’or à carreaux, doublée de satin noir avec douze fers d’or aux manches, deux sayes de velours noir à pointes de toile d’or ; deux manteaux de serge et d’écarlate ; une chamarre fourrée d’agneau ; des chausses en estamet (laine légère) blanche, rouge, écarlate ou violette, parfois recouvertes de velours noir ; des bonnets de velours noir ou cramoisi ; un bonnet écarlate avec une enseigne d’or ; deux chapeaux (cramoisi, gris) garnis de plume ».

On constate qu’il s’agit là de toilettes d’apparat faits d’étoffes luxueuses où le noir alterne avec des couleurs vives. Toutes ces toilettes avaient-elles vocation à rendre plus séduisant le vicomte de Thouars, âgé de 57 ans quand sa promise en avait quarante de moins ?...

Conscient de son rang, Louis II de la Trémoïlle se devait de manier aussi bien les arts de la guerre que ceux de la mode.

 

Sources :

Laurent Vissière, Louis II de la Trémoille (1460-1525) Paris, H. Champion, 2008,

Pauline Antonini, Le costume à la cour de François Ier. Luxe et apparat à la Renaissance,  Ecole des chartes, 2013.

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