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07 juin 1777

En route vers l'Amérique, le marquis de La Fayette pense à la duchesse de Thouars...

Par diverses alliances, les familles de la Trémoïlle et La Fayette était liées. Ainsi, l’épouse de Charles Louis Bretagne de La Trémoïlle, duc de Thouars et pair du royaume (1683-1719), Marie Madeleine Motier, était la petite fille de Madame de Lafayette à qui l’on doit le célèbre roman « La princesse de Clèves.

Au fil des décennies, les relations s’étaient maintenues en cousinage éloigné.

 

Né en septembre 1757, en Auvergne, le jeune Gilbert du Motier, est issu d’une vieille famille aristocratique. Orphelin très jeune, à la tête d’une jolie fortune, titré marquis de La Fayette, il fait un beau mariage en épousant Marie Adrienne Françoise de Noailles. Cette union lui ouvre les portes de Versailles et lui permet d’intégrer la Maison militaire du Roi. Mais, aventurier dans l’âme, le jeune marquis s’ennuie vite entre la vie de garnison et les coteries de la Cour. Il se rêve un destin…

La Fayette a entendu parler des Insurgents d’Amérique qui se rebellent contre l’occupant anglais. Sur les recommandations du comte de Broglie qui dirige le cabinet secret de Louis XVI, le marquis de La Fayette se porte volontaire pour rejoindre le Nouveau monde et combattre aux côtés des troupes du général Washington.

Après un rocambolesque périple à la barbe des espions anglais qui cherchent à l’arrêter, le jeune homme de vingt ans arrive à Bayonne au printemps 1777. Il appareille pour l’Amérique le 26 avril laissant son épouse et leurs deux enfants, Henriette et Anastasie.

Si son beau-père est furieux et menace son gendre de prison pour désertion de l’armée royale, sans savoir que le Roi lui-même a encouragé ce départ, le marquis peut compter sur le soutien de son épouse. Ce mariage arrangé sera toujours une union sereine malgré les infidélités du fougueux militaire.

La traversée est longue et monotone. Le 7 juin 1777, La Fayette écrit à son épouse, celle qu’il appelle « Mon cher cœur ». Il est impatient de fouler les côtes américaines mais se console et parlant de ses projets américains auxquels il l’associe.

Entre autres considérations, il évoque aussi la duchesse de la Trémoïlle, Marie-Maximilienne de Salm-Kirbourg. Seconde épouse de Jean-Bretagne Charles Godefroy de La Trémoïlle, la duchesse de Thouars est réputée pour son amour des fleurs et de la nature, tout comme sa belle-fille, l’épouse d’Antoine-Philippe de La Trémoïlle, prince de Talmont.

Ayant promis à l’oncle de sa femme, le maréchal de Noailles, de lui rapporter d’Amérique des plants et autres boutures, il demande à sa femme de faire la même proposition à la duchesse de la Trémoïlle et à sa belle-fille « qui a un fort beau jardin ».

L’histoire ne dit pas si le marquis de La Fayette aura le temps de s’intéresser à la luxuriante végétation américaine qu’il va découvrir quelques semaines plus tard et si la duchesse de Thouars verra éclore dans son jardin les fleurs offertes par le futur général…

Foulant le sol près de Georgetown le 13 juin 1777, La Fayette s’envole vers son destin. Dans la lettre à son « cher cœur », La Fayette ajoute « le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité ». 

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