Société d'Histoire, d'Archéologie et des Arts du Pays Thouarsais

BLOG

blog

05 octobre 1822

Il y a 200 ans, l'Affaire Berton...

Il y a 200 ans, le 5 octobre 1822, avec l’exécution du général Berton prenait fin ce que l’Histoire a retenu sous le nom de « conspiration de Thouars ». Rappelons les faits.

Dans la mouvance des Carbonari, Chevaliers de la Liberté et autres groupes secrets hostiles au durcissement de la politique de Louis XVIII, le général Berton prenait la tête d’une conspiration, le 24 février 1822, à Thouars. Originaire des Ardennes, soldat dans les armées de l’Empire, Berton s’était rapproché préalablement des conjurés de Nantes, Rennes, Angers et Le Mans. A cette époque, on estime que près de 30 000 membres de tous horizons faisaient partie de ces sociétés secrètes disséminées sur l’ensemble de la France, cherchant à renverser le régime. L’homme de lettres Benjamin Constant et le général Lafayette étaient parmi les plus renommés.

Cet hiver-là, le 17 février 1822, à Saumur, se tient une réunion rassemblant une quarantaine d’hommes représentant l’Ouest de la France. On décide de monter une opération d’envergure avec la complicité des élèves de l’école d’équitation de Saumur et des troupes en garnison. On décide que Thouars sera le point de départ de cette conspiration qui après Saumur et Tours gagnera Paris, siège du pouvoir royal.

C’est ainsi qu’une semaine plus tard, le 24 février au petit matin, quelques 150 personnes issues du Bocage, de la Gâtine ou des contrées environnantes se regroupent place Saint Médard, à l’appel du tocsin. Des Thouarsais se joignent aussi à l’aventure, plus de façon inopinée que par réelle adhésion au projet, tels Guillaume Saugé et François Jaglin.

Le maire est réveillé en sursaut et arrêté, des armes sont distribuées, des ordres sont données, les notables mis hors d’état de nuire. Pourtant, aucune goutte de sang n’est versée.

Mais bien vite, Berton s’avère un piètre commandant. Il se perd dans des considérations et des formalités. On prend du retard.

L’équipée quitte néanmoins la ville en direction de Saumur. Le général Berton avait annoncé des renforts en cours de route. On ne les verra pas.

Attendue en début d’après-midi à Saumur, la troupe n’y arrive qu’à la nuit tombée et déjà les rangs sont clairsemés. Prévenus de cette conspiration, les gendarmes qui gardent les accès sur la Loire ne se laissent pas émouvoir par la harangue de Berton qui se voir contraint de fuir.

Arrêté quelques jours plus tard, Berton est jugé et exécuté à Poitiers le 5 octobre 1822, au terme d’un procès inique largement relayé par la presse de l’époque car l’Affaire Berton doit servir d’exemple pour asseoir le pouvoir royal. Il monte courageusement à l’échafaud. Le lieu de cette exécution fut ensuite rebaptisée place de la Liberté.

 

Mal préparée, la conspiration de Thouars était vouée à l’échec. « L’affaire Berton » comme on l’appelle encore fait néanmoins partie de l’Histoire locale. Elle entre dans cette grande vague de mécontentement liée à la position ultra des monarchistes, à la progression des idées républicaines et à la nostalgie bonapartiste née de la mort de Napoléon en 1821. D’autres conspirations de ce type verront le jour sans plus de succès, notamment à Belfort ou encore sur la côte Atlantique avec l’arrestation des « 4 sergents de la Rochelle ».

Malgré le côté rocambolesque et amateuriste de la conspiration de Thouars, « l’Affaire Berton » annonce néanmoins la chute des Bourbons quelques années plus tard.

A l'occasion du bicentenaire de l'Affaire Berton, en partenariat avec l'Université Inter-âges, la SHAAPT proposera une conférence animée par l'historien Jean-Marie Augustin, le samedi 19 novembre à 15h.
Ce même jour, en soirée, la SHAAPT proposera également une lecture théâtralisée des minutes du procès Berton.
infos : www.shaapt.fr 

recevoir les article du blog par Mail

Articles Récents

  • 01 février 1930

    Tosca sur le scène du théâtre de Thouars
  • 29 janvier 1725

    Mariage entre cousins
  • 27 janvier 1794

    Antoine-Philippe de la Trémoïlle est exécuté
  • 24 janvier 1986

    Mort du peintre thouarsais Paul Boinot
  • 23 janvier 1689

    Passage de troupes à Saint Jouin de Marnes

Contactez nous

SHAAPT
BP 17
79100 thouars

Suivez-nous

facebook
youtube

OBJET DU CONTACT