
22 juillet 1856
Avec le coup d’état de 1852 qui lui a permis de monter sur le trône, Napoléon III a créé une opposition farouche qui s’installe un peu partout en France sous forme de sociétés secrètes. C’est le cas dans les départements de l’ouest avec la création de « la Marianne ». En Thouarsais, plusieurs habitants de la ville et des localités voisines en font partie. Si la cherté de la vie est la revendication première, leur mouvement est avant tout politique, avec la volonté affichée de renverser l’Empire pour instaurer une république socialiste.
A l’été 1855, une révolte avait été réprimée à Trélazé, près d’Angers.
Un an plus tard, le 22 juillet 1856, jour de marché à Thouars, les conspirateurs de la région se retrouvent à Brion. Ils sont une centaine, armés de fourches et de fusils. Tôt le matin, Ils dressent une barricade pour empêcher la circulation entre Saumur et Thouars. Le tocsin sonne à Brion et les bourgs alentours, invitant les populations à rejoindre le mouvement. En vain.
Les insurgés restent pourtant déterminés. Les gendarmes de Montreuil-Bellay et Thouars, arrivés au galop, sont neutralisés et gardés à vue. Certains notables de Brion, souhaitant parlementer, sont vivement malmenés.
Mais l’insurrection vire au fiasco. En fin d’après-midi, un escadron de l’Ecole de cavalerie de Saumur vient à la rescousse, rejoint par un détachement du 9ème régiment de chasseurs basé à Niort et le 12ème bataillon de chasseurs à pied de Vincennes, en manœuvre dans la région.
Sans effusion de sang, les insurgés rendent les armes. Soixante-quinze d’entre eux sont arrêtés.
Lors de leur procès, loin des revendications politiques affichées, et pour les décrédibiliser, ils sont accusés par le sous-préfet de Bressuire d’avoir monté « un immense complot » pour détruire les récoltes et affamer les populations. Quant à l’avocat général de la cour, il soutient que leur objectif était d’assassiner les aristocrates et les prêtres.
Au final, les rebelles de Brion seront condamnés de quelques mois à deux ans de prison.
© Dessin de Marcel Goacoulou. Cliché issu du livre de Jacques Thomé « Trélazé cité des faiseurs d’ardoises. »
SHAAPT
BP 17
79100 thouars